Etienne Kern

Les Envolés , Gallimard

Etienne  Kern

Essayiste, ancien élève de l’ENS, Étienne Kern vit à Lyon et enseigne les lettres en classe préparatoire. Les Envolés s’ouvre sur les images saisissantes de Franz Reichelt qui, du premier étage de la tour Eiffel, teste un parachute de son invention, coûte que coûte, au péril de sa vie. L’issue est fatale. Etienne Kern entrelace l’histoire de cet inventeur avec celle de ses propres disparus, mélange la Belle Epoque et la nôtre et convoque les souvenirs de toutes ces belles âmes qui se sont envolées.

Photo : ©FrancescaMantovani

Je me répétais en boucle l’ouverture de La Divine Comédie, « au milieu du chemin de notre vie », et il m’apparaissait moins comme un milieu que comme un éveil, une déchirure, ce moment qu’on ne trouve sur aucun calendrier – jusqu’alors on se sait mortel, voilà qu’on commence à se sentir mortel. Ce milieu du chemin de la vie, j’y étais.

Les envolés

par les lecteurs de Lectures Plurielles

Les envolés

par les lecteurs de Lectures Plurielles

Votre premier souvenir de lecture ? Le tout premier, ce doit être un magazine pour enfants qui s’appelait Bussi l’ours et auquel ma marraine m’avait abonné pour mon anniversaire… Pour le reste, je me souviens surtout d’une encyclopédie de couleur rouge, Tout l’univers, qui avait été offerte à ma mère dans sa jeunesse : j’y ai passé des journées entières… Plus tard, au lycée, c’est avec Michèle Desbordes, Christian Bobin et les poètes du XIXe que j’ai eu mes premières grandes émotions de lecteur.

Votre premier écrit ? En sixième ou en cinquième, un petit texte dont seul le titre qui m’est resté en mémoire : Du rififi au collège. J’y reprenais, je crois, Le professeur a disparu de Jean-Philippe Arrou-Vignod. Au même moment, je m’étais mis en tête d’écrire l’histoire de mon village et, dans un cahier Clairefontaine, je plagiais allègrement un livre d’histoire qui lui avait été consacré…

Celui que vous auriez aimé lire ? Je n’ai découvert Dumas, Verne ou Tolkien que tardivement et je le regrette vraiment. Ils m’auraient tant apporté pendant l’adolescence. Mais j’étais trop occupé par l’histoire de mon village et ma lecture de Tout l’univers

L’incontournable, à lire absolument ? Les Années d’Ernaux, pour l’ambition du projet, la poésie, l’émotion contenue. Ou les romans de Kawabata.