Les lectures des lecteurs et lectrices

Petits ou grands lecteurs, à la recherche d’un livre à découvrir, à parcourir, à dévorer ?
Les lecteurs et lectrices nous partagent leurs lectures du moment !

 

Alexandre DUYCK, Augustin (Lattès)  Lauréat du 33e Festival du premier roman
Ce roman mêle fiction et réalité pour raconter l’histoire d’Augustin Trébuchon qui est le dernier français tué dans les Ardennes le matin du 11 novembre 1918 à 10h50 . Sur le papier, la guerre est terminée depuis 5h30 à Rethondes. Le capitaine confie à Augutin une dernière mission à 10h42, 18 minutes avant le cessez le-feu de l’armistice. L’auteur a fouillé les archives civiles et militaires pour imaginer les pensées de ce berger courageux blessé deux fois et qui a pris qu’une seule permission en 4 ans. Il a obéit aux ordres jusqu’au bout. Le récit est à la première personne comme un journal ce qui nous fait partager la vie de cet
homme dans les tranchées, avec toutes ses horreurs. Augustin Trébuchon était un berger de Lozère, département le plus touché par le nombre
d’habitants tués au champ d’honneur, plus du double de la moyenne nationale.

Beata UMUBYEYI MAIRESSE, Tous les enfants dispersés (Autrement) Lauréat du 33e Festival du premier roman
C’est une histoire d’exil et d’oubli, de culpabilité et de pardon, de deuil et de naissance racontée à trois voix. Après des années d’exil, Blanche (métis) rentre au Rwanda pour revoir sa mère Mama, et son frère Bosco. Blanche a construit sa vie en France avec son mari et son fils Stokely qui veut comprendre d’où il vient. C’est le récit d’une famille rwandaise dont les liens sont distendus à cause du génocide. Chacun combat ses propres fantômes. Les personnages nous racontent leurs souffrances avec beaucoup de justesse et de retenue. C’est un récit émouvant, jamais dans la description des atrocités vécues qui montre comment il est difficile de surmonter certains traumatismes. De multiples sujets s’entremêlent les uns aux autres : des relations intergénérationnelles, de l’histoire du génocide, de l’exil en France,des regrets, de la résilience et du pardon, des us et coutumes du Rwanda, de racisme (le sentiment d’exclusion ressenti par les métis). L’auteure, née au Rwanda en 1979, est arrivée en France en 1994, après avoir survécue au génocide des Tutsi.

 

Elsa MARPEAU, Petit éloge des brunes (Folio)
Auteure de polar, Elsa Marpeau quitte le genre pour faire l’éloge des beautés noires, métissées et brunes sous forme d’un alphabet des beautés brunes.
L’abécédaire débute par un hommage à Ava Gardner, puis B comme bohémienne : Voyageuse et mystérieuse, la bohémienne fascine et repousse à la fois et c’est le brun qui va exprimer cet attrait et cette répulsion. Victor HUGO magnifie Esméralda dans Notre Dame de Paris. Le livre apporte un éclairage sur la représentation des blondes et des brunes et l’évolution de cette représentation au fil du temps en peinture, en littérature et au cinéma. On retrouve tout au long du livre des extraits de poèmes, des textes et diverses citations. Tous les stéréotypes qui irriguent la vision masculine des femmes sont déroulés. La blonde est la
figure idéale de la candeur et la bonté (Et Dieu créa la femme de Roger Vadim), tandis que la brune est plutôt une méchante reine ou une bohémienne ou une guerrière. La blonde symbolise la femme telle que le mâle l’a conçue, la brune est l’emblème de la femme lorsqu’elle n’est plus créée par l’homme. Elle peut aller chasser sur ses terres. Cet éloge réhabilite l’image de la brune.

Philippe DELERM, Et, vous avez eu beau temps ? La perfidie ordinaire des petites phrases (Seuil)
Philippe DELERM a repris des expressions et formules langagières toutes faites dont nous émaillons nos conversations quotidiennes pour nous faire découvrir les multiples usages et subtilités de la langue française. C’est un regard amusé, moqueur ou affectueux que DELERM pose sur les petites phrases de notre comédie humaine. A lire par petits bouts- C’est un régal.

 

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