Conversations

Jeudi 27 mai

A l’écoute des contes

Avec Inès Cazalas.

 

Inès Cazalas nous fait remonter dans la nuit des temps, où bruissent les premiers récits, à la recherche de l’origine des contes…, pour ensuite nous accompagner dans les méandres de leur diffusion, entre oral et écrit, entre cultures traditionnelles et œuvres littéraires, brouillant au passage et à plaisir ces catégories binaires. De nombreuses interrogations ponctuent son intervention, devançant nos questionnements: Pourquoi les contes, qui nous relient profondément à l’enfance, ne peuvent-ils pas être cantonnés à la littérature jeunesse? À quels mondes nous ouvrent ces histoires à la fois simples et obscures ? Pourquoi est-ce aujourd’hui particulièrement important de continuer à les raconter, et quelles relations se tissent dans leur écoute partagée ?

Conteuses et conteurs aujourd’hui : la diversité, les dynamiques et les innovations

Avec Jihad Darwiche et Charlotte Teillaud.

 

Les intervenants nous proposent une présentation en deux temps et à deux voix. Charlotte Teillaud évoque le Centre des Arts du Récit, son histoire, sa place dans le réseau du conte, son fonctionnement, ses missions et les actions qu’il mène sur le terrain. Au carrefour d’un projet artistique et culturel spécifique fort, le Centre donne une place prépondérante à la dimension contemporaine des arts du conte et du conteur, domaine par excellence lié à une tradition séculaire.
Il est ensuite question du contexte foisonnant des conteuses et des conteurs aujourd’hui, grâce à Jihad Darwiche, illustre représentant de ce monde. Il décrit leur grande diversité et la multitude des formes que prend leur art, le travail artistique et les recherches qu’ils mènent seuls ou avec d’autres disciplines, les grandes innovations et les horizons qui s’ouvrent à eux.

Les lieux et les publics du “racontage”

Avec Yasmina Crabières, bibliothécaire et responsable du pôle Médiavue du réseau de bibliothèques de Chambéry.

 

Animée par Thierry Caquais

 

Où les conteurs se produisent-ils actuellement? Qui les écoute ? Et comment ? Est-on sûr que cette culture universelle est accessible à tous et partagée par tout le monde ? En effet, les veillées de contes autour du feu en cassant les noix, filant la laine ou épluchant les châtaignes, sont devenues aujourd’hui une légende… Le conte et ses passeurs, les conteurs, sont sortis des maisons et ont investi ce qu’ils pouvaient : les jardins, les places publiques, les MJC et les salles de spectacles, les festivals et les salons du livre, mais aussi les écoles et les bibliothèques. Chacun de ces lieux inspire et induit des façons de raconter et d’écouter. Voyons ensemble quel est l’intérêt de toute cette diversité. Et demandons-nous pour qui ? En effet, sommes-nous sûrs que ce vivier inépuisable et foisonnant est vraiment partagé par tous ? Il est des publics particuliers qu’ils faut « aller chercher » là où ils sont. Qui sont-ils, et comment faire ? Les idées et l’imagination ne manquent pas !

“J’ai eu une grand-mère sorcière et conteuse”

Avec Carole Martinez et Myriam Wenig Rubis.

 

Ogre, ondine, fileuse, brodeuse, sorcière… tous ces personnages majeurs du conte et du mythe sont présents dans l’œuvre de Carole Martinez, qui leur donne chair et vie en les renouvelant dans son imaginaire, s’inscrivant en cela dans la démarche d’une authentique conteuse. Pour illustrer la forte résonance de ses romans avec les contes traditionnels, Myriam Rubis contera quelques histoires que lui évoquent ses romans et interrogera l’autrice sur le lien qu’en formidable tisseuse, elle a noué avec ces personnages puissants et sur le lien entre fil, parole et création.

Vendredi 28 mai

Les mains tendues

Avec Mohammed Aïssaoui et Marc Alexandre Oho Bambe.

Animée par Kerenn Elkaïm.

 

Voici deux romans qui parlent avec tendresse et infiniment de poésie des oubliés et de ceux qui les aident, d’un monde où, pour une partie de l’humanité, il est difficile de vivre, voire de survivre. Ici la voix est donnée aux fracassés de la vie et aux anonymes qui par fraternité consacrent leur énergie à leur venir en aide.

Polyphonie, roman choral

Avec Elyse Carré, Emilienne Malfatto et Hella Feki.

Animée par Thierry Caquais.

 

Ces trois autrices décrivent leurs personnages et le monde dans lequel ils évoluent en nous invitant à les observer de tous côtés, comme par un jeu de miroir.

La pluralité des points de vue permet d’appréhender la complexité du réel avec des parts d’ombre, des doutes et des questionnements. Trois romans aux narrations multiples, trois histoires d’émancipations féminines qui, aussi différentes soient-elles, entrent étrangement en résonance.

Prendre son envol

Avec Asya Djoulaït et Dany Héricourt.

Animée par Mohammed Aïssaoui.

 

Ici l’adolescence joue les protagonistes, entre fougue, insolence, insouciance et recherche de sens. Céleste et Seren naissent au monde et aux autres, prenant des distances avec  l’héritage familial et culturel pour se projeter dans le récit tout neuf de leur épanouissement. Deux romans comme deux tickets aller-retour pour nous replonger dans cette phase essentielle de la vie entre vertige, ivresse et doutes existentiels.

Littérature et poésie

Avec Dima Abdallah et Yoann Barbereau.

Animée par Kerenn Elkaïm.

 

Chercher le mot juste, la musique de la phrase et la progression inexorable du texte permet de mieux appréhender le réel et d’envisager l’avenir. Quelle que soit la façon d’évoquer leurs parcours de vie, ces auteurs créent des personnages qui ont aussi besoin de poésie pour survivre.

Je ne suis pas celle que vous croyez

Avec Valérie Jessica Laporte et Hugo Paviot.

Animée par Thierry Caquais.

 

Plusieurs personnages, autant de cheminements vers l’acceptation et l’affirmation de soi. Ils ne demandent qu’à se révéler dans leur singularité. Ils tentent de prendre de la hauteur, tels des oiseaux, pour sortir des schémas dans lesquels on les a enfermés, ou ils descendent au plus profond d’eux-mêmes pour être en résonance avec ceux qui les entourent. Les êtres s’accomplissent-ils grâce aux récits ?

Samedi 29 mai

Fiction et réalité

Avec Yoann Barbereau et Elyse Carré.

Animée par Mohammed Aïssaoui.

 

Deux chemins différents pour un même objectif : dépeindre le réel par la fiction. L’une crée ses personnages, invente les vies et les place dans le temps pour évoquer la condition de la femme dans l’histoire humaine passée et future. L’autre utilise au mieux les mots et le récit pour parler de son vécu et poser la réalité devant les yeux du lecteur. Où se niche la fiction, quand plonge-t-on dans le réel ?

Révolte ou résignation ?

Avec Adrien Borne, Raphaëlle Riol et Ioana Maria Stăncescu.

Animée par Yann Nicol.

 

L’époque, l’éducation, la famille, l’environnement professionnel sont des facteurs d’aliénation. L’appel de la liberté et la force de vie peuvent permettre à l’individu de trouver le bonheur. Inès, Suzanne et Ada, à des époques et contextes différents, ont plié encore et encore sous les coups de la vie. Jusqu’au point de rupture qui les a amenées à trouver une issue, chacune à sa manière, dans la révolte ou dans la résignation.

Deux personnages en quête d’auteur

Avec Olivia Ruiz et Yann Verdo.

Animée par Thierry Caquais.

 

Une grand-mère en partie oubliée et un marin sans nom ne demandaient qu’à prendre corps et vie. C’est chose faite. Nos romanciers ont réalisé leur voeu grâce à des personnages obstinés, passionnés et un peu rêveurs qui partent en enquête et reconstituent leurs passés oubliés.

 

 

 

Les enfants terribles

Avec Caroline Dorka-Fenech, Laurent Petitmangin et Caroline Valentiny.

Animée par Danielle Maurel.

 

Face aux actes irréparables des enfants, les parents ne sont que sidération, incompréhension, incrédulité. Ils remettent en question leur rôle, se remettent en question, parcourent à rebours leur vie pour déceler la moindre trace d’explication. Ils tombent dans le déni ou tournent le dos à ces enfants qu’ils ne reconnaissent plus. Et pourtant, une force presque insoupçonnée leur donne l’énergie pour reconstituer le fil de leur histoire commune. Jusqu’à l’extrême acceptation.

Journalistes et romanciers

Avec Emilienne Malfatto, Jean-René Van Der Plaetsen et Yann Verdo.

Animée par Yann Nicol.

 

Le roman ne prétend jamais se confondre avec le travail du journaliste, mais il est tout aussi indispensable pour appréhender le réel. En éclairant autrement la réalité, le romancier sollicite différemment ses lecteurs et les touche dans l’intime. Ils sont journalistes, ils sont passés au roman : comment ces deux sphères, si proches et si lointaines l’une de l’autre, cohabitent et dialoguent ?

Le jeu des identités

Avec Olivia Elkaim et Carole Martinez.

Animée par Kerenn Elkaïm.

 

Ne pas associer le narrateur à l’auteur : tel est le pacte tacite que le lecteur établit avec l’écrivain de fiction. On s’autorise parfois un jeu de filigrane à la recherche de celui qui fait tout pour dissimuler sa présence tout en laissant des indices. Pourtant, ces deux autrices se mettent en scène dans leurs derniers romans par une voix qui s’évertue à faire coïncider le personnage avec la romancière. Et si ce n’était qu’un jeu de miroirs troublant pour permettre à celle qui écrit de mieux se dérober ?

Dimanche 30 mai

Eloge de la fuite

Avec Elyse Carré et Raphaëlle Riol.

 

Animé par Kerenn Elkaïm.

 

Dans ces deux romans, les personnages trouvent une issue à condition de partir, de s’échapper, de secouer le carcan. La fuite devient alors un moyen pour se reconstruire ou se réinventer. Les deux autrices nous prouvent que ce n’est pas une lâcheté que de fuir, tout au contraire : elles nous parlent du courage d’être soi.

L’aventure d’être soi

Avec Asya Djoulaït, Olivia Elkaim et Hugo Paviot.

 

Animé par Danielle Maurel.

 

Céleste, Olivia et Sihem n’ont pas d’autre choix que de se rapporter à un ailleurs pour mieux se comprendre. Leurs origines plongent dans d’autres pays, d’autres cultures, les questionnent, les bousculent ou les déstabilisent. Cette quête apaise leur présent et dessine un avenir : d’une façon ou d’une autre, elles iront à leur rencontre.

Composer avec le présent

Avec Martin Dumont et Laurent Petitmangin.

 

Animé par Yann Nicol.

 

A l’est et à l’ouest, les petites vies ordinaires sont drapées dans la simplicité poétique du quotidien. Elles sont à la fois âpres et tendres, nostalgiques et gaies, dramatiques et vraies. Elles sont ancrées dans le terroir et si proches des questions que nous nous posons. Était-ce mieux avant ? Comment accepter le présent ?

On fait des histoires de l’Histoire 

Avec Paul Kawzcak et Jean-René Van der Plaetsen.

 

Animé par Danielle Maurel.

 

D’un côté, l’Afrique à l’aube du XXe siècle, partagée en ligne droite par l’Europe coloniale. De l’autre, le Moyen Orient dans les années 1980, où les postes de contrôle se multiplient au gré des conflits et des appropriations. Inspirés par des faits réels et mêlant histoire, sang et géographie, Paul Kawzcak et Jean-René Van der Plaetsen tracent les parcours intimes de personnages à la fois déterminés à accomplir leurs missions et à creuser au plus profond d’eux-mêmes.

“Objets inanimés avez-vous donc une âme ?“

Avec Adrien Borne, Dany Héricourt, Carole Martinez et Olivia Ruiz.

 

Animé par Yann Nicol.

 

Dans chacun de ces romans, un objet de transmission se trouve au cœur de l’histoire. Vecteurs d’héritage familial, ils agissent comme déclencheurs et activateurs de mémoire. Se pourrait-il que certains d’entre eux déterminent le cours d’une vie ? “Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?”