Valérie Jessica Laporte

Québec | Méconnaissable , Libre Expression, 2020

Valérie Jessica Laporte

Dans Méconnaissable, Valérie Jessica Laporte, photographe et designer graphique, narre la vie d’une jeune fille qui supporte mal sa différence à laquelle sa famille refuse de donner un nom. Percevant que ses mots et ses actions font mal aux autres, elle décide de fuguer, de s’enfermer dans le mutisme, de prendre le temps d’explorer qui elle pourrait être si on ne lui imposait pas autant de limites. La solitude de l’enfant au cerveau autiste, sa quête d’être elle-même, sa façon de voir les humains et les choses, dans ses mots.

 

Votre premier souvenir de lecture ?
Étant donné que je me rappelle jusqu’à mes trois ans, et que le premier livre avec lequel j’ai véritablement été en contact ne m’a pas tout à fait plu (excepté une page), j’aurais envie de vous parler du premier livre qui m’a intriguée, que j’ai réellement aimé et qui a provoqué de l’émotion : Les malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur.

Le livre qui pour vous est incontournable, à lire absolument ?
Mon coup de cœur du moment va à La bête intégrale de David Goudreault. Tranche par tranche, nous plongeons dans la dissection d’un esprit tordu pour comprendre, toucher du doigt, la folie. Le plaisir de lire est incroyable, chaque phrase est un petit délice.

Le livre que vous n’avez jamais lu mais qui vous fait envie ?
Jamais je ne me priverais de lire un livre qui risque de me plaire. Quelle idée ! J’ai Kukum de Michel Jean qui fera partie de ma prochaine montagne d’achat… mais j’achète à mesure, selon mes envies de lecture.

La première histoire que vous avez écrite ? De quoi parlait-elle ?
J’étais enfant. C’était l’histoire d’un tueur à gages qui devait éliminer une femme. Ce qu’il ne savait pas, la chute, c’est que le meurtre était basé sur l’intention de récupérer un chat que la femme qui serait tuée refusait de rendre à l’homme qui voulait qu’elle meure. Une fois la mission terminée, le tueur revient vers l’homme qui l’a mandaté pour lui faire part du fait que le travail a été accompli. Il fait mention d’un petit incident mineur, sans importance, un chat a été tué durant le crime. C’était ironique. J’étais contente de ma chute puisque le demandeur du meurtre perdait en même temps ce qu’il convoitait.

Conformité. Similarité. Oublier notre identité‑base. On nous demande de tous aller dans la même direction pour le bien commun et, si on ne s’y plie pas, on est mauvais. C’est ce qu’on m’a appris. C’est ce qu’on m’a répété, encore et encore, et je n’ai jamais été d’accord.