Ronya Othmann

Allemagne | Die Sommer , Hanser Verlag, 2020

Ronya Othmann

Ronya Othmann, poétesse et journaliste allemande, livre dans Die Sommer (L’Eté) l’histoire de Leyla, jeune fille ayant du mal à trouver sa place. Enfant d’une mère allemande et d’un père kurde yézidi réfugié politique, elle va découvrir l’histoire de sa communauté en se rendant chaque été dans sa famille vivant en Syrie. Elle découvre au journal télévisé les persécutions de l’État Islamique que subissent les siens. Choquée et affligée par l’indifférence de ses amis, Leyla va prendre une décision qui va changer son quotidien. Reliant habilement la grande histoire au destin individuel, Ronya Othmann dresse avec sensibilité et tendresse le portrait d’une jeune fille qui grandit entre deux cultures que tout oppose.

Mein Vater kommt aus Kurdistan, sagte Leyla, und die Leute antworteten darauf: Kurdistan gibt es nicht. Mein Vater kommt aus Syrien, sagte Leyla, dachte an ihren Vater und schämte sich.

Traduction : Mon père est originaire du Kurdistan, disait Leyla, à quoi les gens répondaient : Le Kurdistan n’existe pas. Mon père est originaire de Syrie, disait alors Leyla, toute honteuse, en pensant à son père.

Votre premier souvenir de lecture ?
La liberté. Je ne voulais plus m’arrêter. La petite bibliothèque municipale avec ses rayons qui me paraissaient interminables était devenu un de mes lieux favoris.

 Le livre qui pour vous est incontournable, à lire absolument ?
J’ai beaucoup de mal à répondre à cette question, parce que je suis incapable de m’arrêter sur un titre. Si je dois tout de même me prononcer, je dirais L’homme est un grand faisan sur terre de Herta Müller.

Le livre que vous n’avez jamais lu mais qui vous fait envie ?
Fort heureusement il y en a encore beaucoup. On n’en a jamais fini avec la lecture. Je n’ai pas encore lu tout A la recherche du temps perdu de Marcel Proust et ça j’aimerais bien le faire.

La première histoire que vous avez écrite, de quoi parlait-elle ? 
A l’école primaire j’ai écrit une histoire sur des habitants de Mars. Ils étaient verts et avaient des cheveux verts. Je suis incapable de me souvenir de plus de détails. Mais je me souviens dans quel état j’étais lorsque, en écrivant cette histoire, c’était un peu comme avec la première lecture, je ne voulais plus m’arrêter.

 

Un atelier de traduction en allemand animé par Corinna Gepner est programmé le samedi 29 mai à 10h30.