Mattia Insolia

Italie | Gli affamati , Ponte alle Grazie, 2020

Mattia Insolia

Mattia Insolia est critique littéraire et cinématographique pour L’Indiependente. Dans Gli affamati (Les Affamés), Paolo et Antonio sont livrés à eux-mêmes depuis le décès de leur père et l’abandon de leur mère. L’un est rongé par une rage qu’il ne parvient pas à contenir, l’autre essaie tant bien que mal de s’en sortir. Le retour de leur mère vient bouleverser l’équilibre fragile de leurs existences. Leurs secrets les rattrapent, les souvenirs enterrés resurgissent et réveillent d’anciennes douleurs. Un portrait réaliste et sans concession d’une petite ville du sud oubliée de tous.

Quando si svegliò, sudato, il fiato corto, la sua rabbia senza nome era già lì. Gli sedeva sul petto e pretendeva la sua attenzione. Non aveva ragione d’esistere quella mattina, ma c’era e Paolo non poteva ignorarla. Sentiva la brama della lotta premere contro la cassa toracica. Selvaggia come ogni insorgenza spontanea, insaziabile come ogni necessità primordiale.

Traduction : Lorsqu’il se réveilla, en sueur, le souffle court, sa rage sans nom était déjà là. Elle était assise sur sa poitrine et réclamait son attention. Elle n’avait pas lieu d’exister ce matin‑là, mais elle était bien là et Paolo ne pouvait l’ignorer. Il percevait le désir de la lutte pressé contre sa cage thoracique. Sauvage, comme toute manifestation spontanée, insatiable comme toute nécessité primordiale.

Votre premier souvenir de lecture ? 
Lorsque j’avais environ dix ans, le dimanche matin je me réveillais très tôt. Mes parents, en revanche, après une semaine de travail, préféraient faire la grasse matinée. Je devais donc me lever tout doucement, pour ne pas les réveiller. Je ne pouvais pas descendre à la cuisine ou allumer la télé, je ne pouvais pas sortir dans le jardin ou jouer avec mon chien. Ainsi, la plupart du temps, dès que j’ouvrais les yeux, je fermais la porte de ma chambre, je prenais un des livres d’aventures que chaque semaine mon grand-père m’achetait au kiosque et je lisais en attendant le réveil de mes parents. Moi, les livres et la lampe sur la table de nuit. C’était une façon agréable pour finir la semaine et démarrer la journée.

Le livre qui pour vous est incontournable, à lire absolument ? 
Les Raisins de la colère de John Steinbeck. Un des piliers de la littérature mondiale.

Le livre que vous n’avez jamais lu mais qui vous fait envie ?
A la recherche du temps perdu de Marcel Proust. Mais je suis conscient de ne pas encore être prêt. 

La première histoire que vous avez écrite, de quoi parlait-elle ? 
C’était une sorte de thriller, je crois. J’avais dix ans. Mon père, dans cette histoire, était arrêté car il avait été pris pour une autre personne. Et je devais l’innocenter. A la fin, bien entendu, non seulement j’y parvenais, mais on me remettait également une médaille.

 

Deux ateliers de traduction en italien animés par Chantal Moiroud sont programmés : Un virtuel le jeudi 27 mai à 14h30 dans le cadre de Littérature Live – La Villa Gillet et un à Chambéry le samedi 29 mai à 10h30 au Manège.