Martina Merletti

Italie | Ciò che nel silenzio non tace , Einaudi | Ciò che nel silenzio non tace , Einaudi

Martina Merletti

De formation universitaire en Sciences et technologies agraires, Martina Merletti vit à Turin (Italie). Ciò che nel silenzio non tace se déploie sur deux dimensions temporelles: 1944, une sœur récupère le bébé d’une prisonnière en transit pour Birkenau et parvient à le sortir dans le chariot à linge. Cinquante ans plus tard, une jeune femme découvre que cette histoire la concerne de près et décide de suivre ses traces. A partir d’un fait divers, Martina Merletti entrelace la réalité et la fiction, recomposant  le passé malgré les silences et les détournements de l’Histoire.

Guarda la madre, le chiede, Posso? La donna le porge il neonato. Ha negli occhi, alla luce scarna che pende dal soffitto, una riconoscenza nei confronti della quale la suora prova vergogna, forse pudore, sicuramente rabbia: qualcosa di cui non vuole essere oggetto, che non ha cercato, che non cercherà.

Ciò che nel silenzio non tace

par les lecteurs de Lectures Plurielles

Ciò che nel silenzio non tace

par les lecteurs de Lectures Plurielles

Votre premier souvenir de lecture ? Mes premiers souvenirs de lecture sont liés aux trajets en voiture, la joie et l’émerveillement de déchiffrer un nouveau langage, d’absorber le plus rapidement possible tous les écrits qui glissaient par la fenêtre de la voiture : les enseignes des magasins, les panneaux, le trouble des lettres à l’envers des ambulances. J’associe à la lecture à voix haute de Pezzettino de Leo Lionni l’étonnement de trouver exactement ce dont je ne savais même pas avoir besoin ; et j’ai découvert la puissance de la lecture pour soi lors d’un été passé à dévorer Roald Dahl, enthousiaste, sortant de la pièce seulement pour manger.   

Votre premier écrit ? J’ai le souvenir dès l’école primaire de pages et pages de samuraï et de familles de lapins, des descriptions de champs de maïs et de forêts, les relectures, la numérotation des pages, l’effort de rester longtemps assise perdue dans ces autres mondes. Les premiers romans sont ensuite arrivés au lycée: ils répondaient au besoin d’élaborer des morceaux de vie que j’avais du mal à comprendre. Suite à la fin d’une relation avec une camarade de classe dans les premières années de lycée, j’écrivis une très longue histoire sur ce que j’aurais pu et voulu vivre à la rentrée des classes au lieu de ce qui m’attendait à la fin des vacances d’été, à l’école. 

Le livre que vous auriez aimé lire ? 
J’ai fait des études scientifiques et travaillé dans des domaines très différents: je ressens un manque de formation en lien avec les classiques de la littérature, italienne ou internationale. Mais ce que je crains le plus, c’est sans doute le fait de ne pas arriver à identifier le titre que j’aurais vraiment voulu lire. Comme à chaque fois qu’on doit faire un choix, celui qui est proposé par le monde de l’édition (blanc, masculin, hétéro, valide, bourgeois, en accord avec sa propre identité sexuelle) a masqué les autrices et les auteurs qui pourraient être exactement ce dont j’aurais besoin pour me nourrir.  

L’incontournable, à lire absolument  ? De temps à autre je me demande ce qui aurait changé à un moment de ma vie si je n’avais pas croisé L’histoire sans fin de Michael Ende, les textes de Kurt Cobain, ou les poèmes de Mariangela Gualtieri. Au-delà du domaine éthique et politique, j’ai vraiment du mal à exprimer l’absolu. Tout comme dans mon premier roman il n’y a pas un seul protagoniste, je ne crois pas qu’il y ait un seul et unique livre essentiel – et quand bien même il existait, il ne serait pas le même pour toutes et tous. A partir des livres jeunesse, j’ai appris différentes choses d’autrices et auteurs différents et je suis immensément redevable à toutes et tous.