Ioana Maria Stăncescu

Roumanie | Tot ce i-am promis tatălui meu , Editura Trei, 2020

Ioana Maria Stăncescu

Ioana Maria Stăncescu est journaliste pour Radio Romania International. Son roman Tot ce i-am promis tatălui meu (Tout ce que j’ai promis à mon père) est un récit en équilibre entre les souvenirs heureux de jeunesse et le présent implacable d’une femme atteinte d’une grave maladie. Son quotidien marqué par la souffrance se transforme en une lutte pour le droit à l’émancipation et le maintien de l’équilibre de l’univers familial. Elle s’éveille de nouveau à la vie, de renouer avec son passé et avec celui de son père, dont le rêve était de vivre en France.

Nu mai știu ce zi lună era când am decis să mă opresc. Din scris și din inbit. M‑am oprit dintr‑odată, ca și cum aș fi găsit o ușă pe care s‑o trântesc, lăsând de partea cealaltă amintirea băiatului ăstuia. Din când în când, insă, o auzeam cum zgârie ca un animal ce vrea să dea buzna. Imposibil să‑l uit.

Traduction : Je ne sais plus quel jour et quel mois on était lorsque j’ai décidé d’arrêter. Arrêter d’écrire et d’aimer. J’ai arrêté d’un coup comme si j’avais trouvé une porte à claquer pour laisser de l’autre côté le souvenir de ce garçon. Mais je l’entendais gratter, de temps en temps, tel un animal qui veut faire irruption. Impossible de l’oublier.

Votre premier souvenir de lecture ?
J’avais six ans et je savais à peine lire. Mon père m’a donné une toute petite histoire pour enfants dans laquelle il était question d’une fille pauvre, mais intelligente et il m’a promis un gâteau si je la lisais en entier. Cela a fonctionné !

Le livre qui pour vous est incontournable, à lire absolument ?
L’été où maman a eu les yeux verts de Tatiana Țîbuleac. C’est un texte qui est resté figé dans ma tête. Je n’ai jamais connu auparavant une écriture si spéciale, si picturale. Elle dessine, cette romancière, elle n’écrit pas.

Le livre que vous n’avez jamais lu mais qui vous fait envie ?
Il y a toute une liste, mais puisque je dois en choisir un seul, je vais m’arrêter sur un roman dont j’avais entendu parler dernièrement, sur Facebook. Il s’agit d’Une mort très douce de Simone de Beauvoir. C’est un titre qui a attiré mon attention, peut-être parce que dans cette période de pandémie, les parents ont tendance à vieillir beaucoup plus vite et cela me fait peur.

La première histoire que vous avez écrite, de quoi parlait-elle ?
La première histoire écrite date d’il y a quelques années seulement et elle parlait de trois femmes qui se croisaient un soir, dans un tram, en rentrant chez elles après une journée de travail. Je l’avais publiée sur un blog que j’ai lancé quelques années après la naissance de ma fille, Ana. En fait, mon parcours littéraire a débuté à 15 ans, par de la poésie, et puis s’est continué par un très long silence.

 

Un atelier de traduction en roumain animé par Florica Courriol est programmé le samedi 29 mai à 15h30.