Hella Feki

Noces de Jasmin , JC Lattès, 2020

Hella Feki

Enseignante et formatrice pour la zone Océan indien, Hella Feki livre un roman choral où la voix de chaque personnage tisse l’intrigue pour raconter, de l’intérieur, la révolution tunisienne. Les personnages racontent leurs souvenirs, leurs blessures, leurs espoirs, leurs peurs, leurs défaites, leurs envies de tout changer. De tout casser.

 

Votre premier souvenir de lecture ?

Enfant, ma mère me lisait souvent des contes :  Les Belles histoires, et J’aime lire, aux éditions Bayard. A sept ans, je lisais tout ce qui me tombait sous la main. La Sorcière de la rue Mouffetard de Pierre Gripari fut un récit marquant de mon enfance. La sorcière tyrannisant Nadia fait écho à la Azouzat el Qaila, des contes de ma grand-mère tunisienne. Une légende de vieille fée maléfique des ombres, brûlant la peau des enfants aux heures les plus chaudes.

Le livre qui pour vous est incontournable, à lire absolument ?

Le livre incontournable, pour moi, est L’Amant de Marguerite Duras. Tout me touche dans ce roman : la rencontre avec « le riche chinois » sur le bac, le Mékong, et surtout la fin, le départ d’Indochine en bateau, la valse de Chopin au piano qui éclate dans la nuit, la musique jetée à travers la mer, le souvenir de l’amant,  Paris, l’accent d’un pays qui vous marque, l’ailleurs, la poésie des mots, l’écriture… 

Le livre que vous n’avez jamais lu mais qui vous fait envie ?

Anna Karénine de Tolstoï est sur les rayons de ma bibliothèque . Je ne l’ai jamais lu mais cette histoire d’amour, en Russie, m’évadera aux prochaines vacances.

La première histoire que vous avez écrite, de quoi parlait-elle ? 

Petite, j’écrivais surtout des poèmes sur la mer, des récits sur mon envie d’évasion. J’ai également tenu un carnet lors de mon premier grand voyage, à l’âge de dix ans, en Egypte. C’est à la lecture de mes carnets de voyages d’adulte qu’une auteure malgache, Michèle Rakotoson, m’a poussée à incarner toutes ces pensées par des personnages de fiction.

La nuit, sous le jasmin, la brise et les fleurs m’entourent, les branches se penchent sur moi et essuient mes larmes. Sous le jasmin, je me suis posé, j’ai accordé le luth et j’ai chanté. J’ai beaucoup pleuré quand je me suis souvenu de toi. Tu me manques et je suis inquiet. Pas de lune et pas de bruit d’oiseaux, seule la brise sur les arbres me tient compagnie et me console.