Elyse Carré

Les hérétiques , Inculte, 2020

Elyse Carré

Elyse Carré nous offre un livre-choral, où différents styles littéraires s’alternent, du récit de science-fiction au roman d’apprentissage, en passant par le traité politique et le conte philosophique. Cinq personnages qui, au-delà des apparences, se ressemblent. Cinq vies qui rompent avec les destins tracés et qui se répondent à travers le temps et l’espace. Une épopée atypique à travers les siècles où on suit le récit de la transformation personnelle de personnages flamboyants. 

Votre premier souvenir de lecture ?
De la petite taupe qui voulait savoir qui lui a fait sur la tête, de Werner Holzwarth et Wolf Erlbruch. Un récit policier au suspense insoutenable où une courageuse taupe affronte le monde pour comprendre d’où lui vient le tas d’excréments qui lui orne la tête.

Le livre qui pour vous est incontournable, à lire absolument ?
Le dernier livre que j’ai recommandé vingt fois après l’avoir lu, c’est l’Art de perdre, d’Alice Zeniter. L’écriture est belle et les questions soulevées très pertinentes. Alice Zeniter arrive à parler d’universel à partir de la trajectoire d’une famille, sur trois générations, des montagnes algériennes à l’élite culturelle parisienne. Elle nous pousse à réfléchir à notre capacité à la fois à comprendre ce qui nous entoure, à faire des choix et à aimer.

Le livre que vous n’avez jamais lu mais qui vous fait envie ?
À la folie, de Joy Sorman, mais l’envie risque de prendre le pas très vite sur le fait de ne pas l’avoir lu.

La première histoire que vous avez écrite, de quoi parlait-elle ? 
Une histoire co-écrite en réalité, avec ma mère. L’arbre de l’oubli, l’histoire d’une société où l’humanité est devenue immortelle, où les personnes ne meurent jamais mais surtout : n’oublient jamais. Sans oubli, pas de pardon et les interactions deviennent insupportables. Heureusement, on découvre un arbre dont les fruits effacent la mémoire. Se pose alors la question, est-on prêt à abandonner notre passé pour vivre notre avenir. Le tout en deux pages, avec un certain nombre de jeux de mots vaseux.

 

Chaque personnage trace sa route, fait ses propres choix, essaie, échoue, réussit parfois… L’essentiel est de continuer l’indispensable combat pour l’émancipation.

L’Hérétique, Ruth, Federica, Ioulia, Ispao ont un point commun : le refus de renoncer. Connaître l’espoir ténu que leur destin n’est pas d’avance tracé. Se battre contre soi, s’extraire de l’inertie, de cette boue qui nous aspire et nous endort.