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Claudia Schumacher

Allemagne | Liebe ist gewaltig , DTV

Claudia Schumacher

Notre lauréate allemande est née en 1986 à Tübingen. Après des études à Berlin, elle exerce pendant sept années en tant que journaliste et rédactrice à Zürich. Elle vit aujourd’hui à Hambourg et travaille entre autres pour le grand hebdomadaire « Die Zeit ».

Juli grandit  au sein d’une famille bourgeoise. Les parents sont avocats, les quatre enfants brillants : une famille modèle en apparence. Mais dans leur villa règne la terreur. Le père, violent et manipulateur, exige  l’excellence, les coups pleuvent sur sa femme et ses enfants. Face à cette violence la fratrie se serre les coudes alors que  la mère reste dans le déni. Le lecteur suit Juli sur trois décennies dans ses tentatives de se libérer de l’emprise familiale : une bataille à mener contre ses parents mais aussi contre elle-même. Car comment y parvenir quand on  se méfie de ses propres souvenirs. Claudia Schumacher nous livre un roman puissant sur les traumatismes de l’enfance et la possible résilience, plein d’originalité et de chaleur, un récit haletant, à la fois tragique et drôle.

Avec le soutien du Goethe et AAGIL.

Photo: ©RomanRaacke

Blutflecken ??, fragte Mama entsetzt. Oder wütend? Jedenfalls meinte sie, ich hätte nicht mehr alle Tassen im Schrank. Welches Blut? (….) Glaubt man meinen Eltern, dann sind viele Dinge, die ich mit eigenen Augen gesehen habe, nie passiert.

Des taches de sang ? demanda maman horrifiée. Ou en colère ? Quelles taches de sang ? Enfin elle disait que j’avais perdu la tête (…) À en croire mes parents, beaucoup de choses que j’ai vues de mes propres yeux n’ont jamais eu lieu.

Liebe ist gewaltig

PAR LES LECTEURS DE LECTURES PLURIELLES

Liebe ist gewaltig

PAR LES LECTEURS DE LECTURES PLURIELLES

Quel est votre premier souvenir de lecture ?  

Mon premier souvenir  de lecture vraiment marquant est celui d’une bible pour enfant que j’ai trouvé dans les affaires de mes frères. Je ne sais pas comment ce livre est arrivé dans notre maison. En tout cas  il n’intéressait personne. Mes parents étaient plutôt de gauche et irréligieux. J’avais sept ans quand j’ai trouvé cette bible illustrée et j’avais l’impression de lire un livre défendu. Je l’ai caché sous mon oreiller, parce que je ne savais pas comment mes parents, très critiques vis-à-vis de la religion, réagiraient au fait d’avoir soudain une petite chrétienne à la maison (en fait à ma grande surprise ils ont trouvé ça drôle et pas du tout problématique). Encore aujourd’hui j’essaie de retrouver cette première et merveilleuse expérience de lecture. J’aime les livres qui racontent des histoires existentielles et intemporelles qui me paraissent dangereux, parce qu’ils sont audacieux et ont quelque chose à dire. Des livres qui emportent et  fascinent la lectrice que je suis, qui m’émeuvent et m’interrogent, qui m’enrichissent aussi et dans lesquels je me retrouve en tant qu’être humain.  

Quel est votre premier écrit ? De quoi parlait-il ?

Avant de savoir lire, je « lisais » des livres à d’autres enfants, avant de savoir écrire, je dictais des histoires à mes parents – ça a donc commencé très tôt, à trois ou quatre ans. De cette époque date une petite série d’histoires que j’avais  illustrées. Il y était question d’un extraterrestre qui avait atterri dans notre jardin et avait plusieurs fois essayé de m’enlever, jusqu’à ce qu’on devienne des  amis partageant de nombreuses aventures. Plus tard, lorsque j’ai su écrire, mon premier personnage s’appelait Pin. C’était une goutte d’eau timorée qui devait survivre au cycle  de l’eau. Cette Pin si timide tombait de son nuage familier sur la terre, dans laquelle elle devait ensuite s’infiltrer profondément pour devenir une part de la nappe phréatique. S’en suivait la traversée mouvementée d’une canalisation, jusqu’à ce que peu de temps après elle tombe tout bêtement du robinet d’une famille d’humains dans une bouteille d’eau, etc….

 Quel est pour vous le livre à lire à tout prix?

Une question à laquelle il est vraiment très difficile de répondre, car j’ai tellement de livres favoris, d’auteur.trice.s favori.te.s que j’ai du mal à prioriser. Parmi eux se trouvent Zadie Smith, Wolfgang Herrndorf, Benedict Wells, Otfried Preußler, Helga Schubert, Daniel Kehlmann ou Mariana Leky. J’apprécie aussi beaucoup Annie Ernaux et Edouard Louis. Depuis peu je suis une fan absolue de Louise Erdrich, que j’ai découverte récemment. J’ai sûrement oublié de citer dix autres auteur.trice.s, que je trouve tout aussi formidables. La liste s’allonge constamment.

Claudia Schumacher