Caroline Valentiny

Il fait bleu sous les tombes , Albin Michel, 2020

Caroline Valentiny

Psychologue, autrice et conférencière, Caroline Valentiny aborde le suicide de l’enfant et le parcours du deuil. Alexis, 20 ans, a mis fin à ses jours et sur la terre de sa tombe son âme est toujours là, il perçoit encore ce qui se passe autour de lui, les visites de sa famille… Petit à petit, grâce aux recherches de sa mère, son histoire s’éclaire et laisse entrevoir les raisons de son geste.

Votre premier souvenir de lecture ?
Je ne sais plus de quelle histoire il s’agissait… Mais je m’en souviens comme si c’était hier, je vois encore l’illustration sur la page et l’écriture ronde que je pouvais désormais déchiffrer seule, le manège et les chevaux de bois qui prenaient vie sous mes yeux. Je revois ma chambre d’enfant, la lumière sur les murs, et un monde sans fin qui s’ouvrait entre les pages. Lire ! Entrer dans l’imaginaire, avoir accès aux histoires. Tout commençait.

Le livre qui pour vous est incontournable, à lire absolument ? 
Middlesex de Jeffrey Eugenides (auteur de The Virgin Suicides), prix Pulitzer de fiction en 2003, une saga exceptionnelle, un roman protéiforme et envoûtant sur l’identité et l’audace d’être soi. 

Le livre que vous n’avez jamais lu mais qui vous fait envie ?
La confiture de morts de Catherine Barreau, auteure namuroise, prix Rossel 2020. Un livre qui semble mêler force d’écriture, insolence, originalité, poésie et secrets. 

La première histoire que vous avez écrite, de quoi parlait-elle ?
La première histoire que j’ai écrite parlait d’une vieille dame qui retraçait le fil de sa vie en observant le parchemin de son visage dans le miroir… 
 

S’il n’entend pas, s’il n’entend plus, elle chantera quand même, et ce chant d’amour pour son fils endormi ne s’épuisera jamais, même plus tard, quand elle sera vieille, elle continuera de chanter, elle sera mère à jamais d’un enfant, d’un jeune homme, elle restera prise dans ces commencements‑là puisque aucune ride sur le visage d’Alexis ne viendra lui dire c’est bon, maman, tu peux te reposer, regarde, ça va, tu as bien fait ton travail.