Carole Martinez

Les Roses fauves , Gallimard, 2020

Carole Martinez

Lauréate du 21e Festival avec Le Coeur cousu (Gallimard, 2008), Carole Martinez est l’invitée d’honneur de cette édition. Ancienne comédienne, actuellement professeure de français, son premier roman a été récompensé par quinze prix littéraires, dont le prix Renaudot des lycéens en 2007. L’ensemble de ses textes témoigne de ses talents littéraires, de son univers singulier, entre rêve et réalité. Également scénariste de bandes dessinées, elle s’inspire des contes traditionnels pour revisiter l’histoire et les mythes qui nous nourrissent.

Je ne pense qu’aux roses sauvages d’Inès Dolorès, je les imagine, je les sème dans le brouillard et me fraye un passage entre leurs tiges tentacules, je me glisse sous les arabesques qu’elles dessinent déjà sur mes pages dans une explosion de corolles rouges.

Présente tout au long de l’événement, elle nous fait découvrir entre autres son dernier roman Les Roses fauves (Gallimard, 2020). Reprenant une coutume espagnole qui consiste pour les femmes en fin de vie à enfermer leurs secrets dans des cœurs brodés légués à leurs filles, elle explore le thème de l’héritage familial, en se questionnant : sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés ? Formidable conteuse, elle libère ses personnages morts et vivants et nous embarque à leur suite dans un monde épineux où le merveilleux côtoie le réel et où poussent des roses fauves.

Bibliographie sélective 

Les Roses fauves, Gallimard 2020
La Terre qui penche, Gallimard 2015
Du domaine des Murmures, Gallimard 2011
Le Coeur cousu, Gallimard 2007

Votre premier souvenir de lecture ?
Le premier souvenir de lecture n’a pas grand intérêt, c’était Oui Oui. J’avais interdiction d’emporter mon livre dans la cour de récré. A chaque récré je lisais mais ma professeure m’en empêchait. Je suis reconnaissante, ça m’a permis d’être dans la lecture mais aussi avec les autres. Elle a rendu la lecture encore plus intéressante. Les moments avec les autres sont très importants. Les moments de lecture sont des moments d’intimité. C’est bien d’arriver à faire les deux. Le livre ne doit jamais être un obstacle entre soi et les autres mais vraiment permettre de se déployer sans jamais oublier le reste. On comprend l’autre notamment avec des livres. Il faut gérer les deux, trouver cet équilibre.

Le livre qui pour vous est incontournable, à lire absolument ?
Je cite toujours le même, c’est celui qui m’a faite, qui m’a donné envie d’écrire des romans : Le Bruit et la Fureur de William Faulkner. 

Le livre que vous n’avez jamais lu mais qui vous fait envie ?
A la recherche du temps perdu de Proust. J’ai lu les deux premiers tomes. Un jour je lirai tous les tomes.

La première histoire que vous avez écrite, de quoi parlait-elle ? 
Je m’en rappelle très bien. C’était en classe. En CM2, la maîtresse nous a demandé de “raconter nos vacances”. J’étais hyper contente car c’était la première fois que j’avais des vacances un peu originales. J’étais allée en Espagne, c’était la première fois que je traversais une frontière. J’avais demandé à ma grand-mère de me réveiller à ce moment. Dans la rédaction je raconte l’avant et l’après de cette traversée. Je pensais que j’allais sentir quelque chose physiquement. J’ai donc raconté ma déception du passage de la frontière. Il n’y avait rien de magique. Ma rédaction a été lue en classe et adorée par la maîtresse. Cet exercice scolaire m’a permis de raconter quelque chose de personnel, c’était comme une clé. Une première fois pas décevante. 

Carole Martinez