Asya Djoulaït

Noire Précieuse , Gallimard, 2020

Asya Djoulaït

Asya Djoulaït, professeure de littérature, dresse le portrait d’une mère ivoirienne, Oumou, et de sa fille Céleste née en France. La forme et la langue utilisées passent constamment d’un français de la bourgeoisie parisienne que Céleste côtoie au lycée Henri IV, au langage populaire de la « Petite Afrique » de Paris, français métissé d’ivoirien et d’argot. Cette histoire est avant tout celle d’un choc culturel entre l’Afrique et la France, d’un déchirement identitaire qui plonge les protagonistes dans une ambivalence complexe.

Votre premier souvenir de lecture ?
Mes premiers souvenirs de lecture ne sont pas joyeux car ils appartenaient à un cadre scolaire. Je me sentais forcée et ça n’était pas la bonne manière, pour moi, d’entrer dans le monde de la fiction. Toutefois, j’adorais qu’on me raconte des histoires ! 

Le livre qui pour vous est incontournable, à lire absolument ?
Pour l’audace de l’écriture et pour sa justesse, le livre incontournable, que je feuillette tous les ans, est La vie devant soi de Romain Gary. 

Le livre que vous n’avez jamais lu mais qui vous fait envie ?
Les recueils de poèmes iraniens, de Hafez notamment, me font envie mais je ne maitrise pas encore le farsi. 

La première histoire que vous avez écrite, de quoi parlait-elle ? 
Mon premier récit est une nouvelle, Filigrane. Elle aborde le trafic d’œuvres d’art entre les pays en guerre, plus particulièrement de la Syrie vers l’Europe. Cette nouvelle a été primée dans le cadre d’un concours organisé par la Sorbonne, ce qui m’a encouragée à poursuivre dans la voie de l’écriture.

Donc c’est quoi la liberté pour toi ? Après avoir réfléchi quelques secondes, Céleste s’exprima avec conviction :

 C’est quand tu peux choisir tes chaînes. C’est savoir que tu fais partie d’une lignée, mais que ce n’est pas un fardeau.